Radio Elvis : Interview au MaMA à propos de son 1°album

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Premier jour du festival MaMA, une belle affiche est annoncée à la Boule Noire de Paris : Radio Elvis  facebook twitter, Last Train & Roscoe. Quelques heures avant sa balance et pendant que son label définit les dernières étapes de son premier album, Dicky.fr rencontre Radio Elvis pour en savoir plus sur cet album à venir et son avancement. On a retrouvé Pierre (chant – guitare), Manu (guitare – basse) et Colin (batterie – clavier) autour d’un café. A la votre.

Dicky.fr : Vous êtes encore en pleine tournée mais à priori vous avez déjà bien avancé l’enregistrement du premier album, musicalement à quoi cela va ressembler ? 

Pierre : On en est sorti ! On y est retourné pour la seconde phase d’enregistrement, on a fini les dernières prises, les détails qui font tout et qui étaient plus que nécessaires. Après je pense que ça va être un changement dans la continuité… (sourire)
Manu– Une suite logique et à la fois surprenante ! (rires)
Pierre : Je pense qu’on a réussi notre objectif de départ qui était de se développer sur scène pendant les deux dernières années. C’était notre volonté avant d’entrer en studio. On ne s’était pas donné un temps particulier mais on voulait faire beaucoup de dates. Quand on a sorti notre premier EP, c’était vraiment un acte de naissance, on ne savait pas qui on était. On savait où on voulait aller mais est-ce qu’on était un groupe de rock, un groupe de chansons, on ne savait pas trop. On est toujours entre les deux mais on s’est révélé être un groupe de rock sur scène et justement pour l’album, on voulait aller vers autre chose que du rock à proprement parlé.
On a essayé de résumer tout ça sur l’album. On a aussi passé une étape en terme de son. On avait une ébauche de cette étape là avec le 45 tours sorti en juillet. On était déjà allé à l’ICP de Bruxelles pour enregistrer ça, on avait mixé ces deux titres par Antoine Gaillet qui finalement réalise notre album. Ca a été l’occasion pour nous de tester pas mal de trucs, on a bien évolué, on a essayé de garder notre identité, d’approfondir quelque chose et d’aller plus loin.
On a laissé un maximum de portes ouvertes pour la suite. Cette phrase était le lieu commun que je devais dire absolument (rires).

Dicky.fr : Bien placé ! En quoi votre expérience scénique s’est répercutée en studio ?

Manu – C’était super d’arriver en studio avec cette expérience de scène. On avait plus de quarante concerts dans les pattes donc les morceaux on savait ce que l’on voulait donner sur ces morceaux donc ça a été plus simple à enregistrer.Mais il y a eu des remises en question parce que l’énergie que l’on donne sur scène n’est pas la même sur album. Pour notre album, on s’est rendu compte que ça ne marchait pas de la même manière et c’est vraiment plus subtile, on a beaucoup travaillé les nuances en studio et ça nous a radicalement changé la vie sur scène aussi, on a fait quelques dates depuis et ce n’est plus pareil.

« En terme d’écriture, j’ai aussi besoin que ça ne nous appartienne plus pour que l’on puisse passer à autre chose. »

Dicky.fr : Pour ceux qui vous ont vu en concert à vos débuts et dernièrement, il y a eu une grosse étape de passée, le live a pris en intensité et le groupe a pris une dimension supplémentaire. Quel a été le déclic ?

Colin : J’ai l’impression qu’il n’y a pas eu un déclic, il y en a eu peut-être vingt.
Pierre – Sur les 40 dates qu’on a pu faire de décembre à cet été, dans des conditions peu similaires, on a été confronté à beaucoup de groupes avec plus d’expérience que nous, on a beaucoup écouté ce qui se passait autour de nous, on a beaucoup appris de Joseph, notre ingé son, on s’est toujours remis en question. A chaque fin de concert, on débrief et on essaye de passer un cap à chaque concert. C’est quelque chose d’hyper important. On a beaucoup répété, on a énormément travaillé. On a eu beaucoup de discussions avec de nombreux professionnels : des labels, des éditions, des tourneurs avant de décider qui sera notre entourage. Ca nous a fait pas mal relativiser sur notre point de vue artistique, là où on voulait aller en matière d’image, sur scène. Le Chantier des Francos nous a beaucoup aidé, le FAIR, les tremplins auxquels on a pu participer. Les tremplins ont donné lieu à un stresse un peu particulier, on a été obligé de balancer la sauce un peu plus et il y avait cet esprit de compétition qu’on ne veut pas mais qui est là quand même, tout ça mis bout à bout a fait qu’on a dû se donner tout le temps à fond.
ManuPierre vient de résumer en quelques mots l’année que l’on vient de passer, c’était bien.
Pierre – Notre entourage vient souvent en concert et il n’hésite pas à nous dire quand c’est moins bien, quand c’est pas bien et à chaque fois on se remet en question et on prend les remarques pour nous améliorer.

« C’est peut-être pour moi aussi, le fait de faire un deuil au niveau de l’écriture »

Dicky.fr : Ce premier album était une obligation de calendrier ou une envie de votre part ?

Ensemble : On avait envie !
Manu : Ça faisait longtemps qu’on avait envie ! Mais vu le planning que l’on avait, on ne pouvait pas forcement caler les séances de studio, on n’avait jamais deux semaines tranquilles.
Pierre : Il a fallu qu’on demande au tourneur de ne pas caler de dates sinon on n’aurait jamais enregistré l’album ou ça aurait eu lieu l’année prochaine. On avait envie aussi pour que l’on puisse passer à autre chose. Les chansons de l’album étaient déjà écrites, il y en a une qui a été composée en studio mais tout le reste était écrit. Moi, en terme d’écriture j’ai aussi besoin que ça ne nous appartienne plus pour que l’on puisse passer à autre chose. Sur scène, il a plein de morceaux qu’on a jamais joués mais qui étaient déjà écrits. On en a jamais eu l’occasion aussi parce qu’on ne nous donne pas l’occasion de jouer assez longtemps pour ça donc on joue, à peu près, toujours les mêmes. Ca va faire du bien d’allonger notre set, on va agrandir l’équipe aussi pour le live, tout ça vient avec l’album. Il faut rentrer dans la cours des grands. C’est cool mais c’est un autre stress maintenant, on a plus l’excuse d’être la découverte, il faut qu’on assure à fond tout le temps tout le temps.
Colin : Oui mais pour beaucoup de gens, on sera toujours une découverte.
Pierre : Mais à partir du moment où on a sorti un album, il va falloir pouvoir le défendre au mieux.

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Dicky.fr : Il y a déjà un fil rouge dans votre musique, l’album va être sa continuité logique ?

Manu : Clairement ! Dans le propos et dans la démarche, c’est flagrant ! Même si on fait du rock en général, on peut toucher quelque chose de plus planant ou de plus agressif, on n’a pas un style particulier mais un son à nous.
Pierre : Je pense qu’on est dans la même chose. C’est peut-être pour moi aussi, le fait de faire un deuil au niveau de l’écriture, je ne serais jamais violent, ce n’est pas du tout mon tempérament et je n’écrirais jamais Mother Fucker, je suis plus dans la contemplation dans l’écriture, alors que je ne le suis peut-être pas assez dans la vie (sourire). Sur l’album, on a essayé de donner une palette de couleurs. J’ai plein de couleurs en tête quand j’entends nos morceaux, ce n’est pas noir et blanc, j’ai l’impression qu’il y a quatre groupes différents qui jouent sur l’album mais qu’au bout du compte c’est une même famille.
Manu : C’est pour ça que je pense qu’on a un son et pas un style et que tout se regroupe. Il y a une vraie cohérence. On a pas utilisé mille instruments, même si il y a de nouveaux instruments qui apparaissent mais ils reviennent au fil des titres.
Pierre : Tel qu’on a l’album en tête, ce n’est pas très défini mais je ne le vois pas avec un titre en moins. Je le trouve équilibré et que tout fait sens. Surtout en terme de propos, tout est dit dès ce point de départ.

Dicky.fr : Tu parles de propos depuis tout à l’heure mais quel est-il justement ?

Pierre : Propos musical et on reste dans l’imagerie du voyage, on reste clairement là-dedans. Après ce n’est pas un album concept avec une histoire, ce n’est pas le propos mais dans le voyage intérieur plus que jamais. J’ai pas envie de théoriser là-dessus mais ça reste dans l’imaginaire avec les métaphores que l’on a, ça va plus loin que sur l’EP. Notamment Solarium, le titre que l’on a composé en studio, c’est devenu la clé de voûte de l’album, celle qu’il manquait pour que notre album soit parfait pour nous. J’ai cette sensation là.

Dicky.fr : Vous avez beaucoup travaillé l’aspect visuel autour de Radio Elvis, vous allez continuer sur la même voie ?

Manu : On y pense en tout cas.
Pierre : C’est assez compliqué parce que ça ne coule pas de source finalement. Ce n’est pas notre spécialité à la base.
Manu : Vu qu’on a décidé de mettre la barre haute dès le début, on est obligé de la tenir tout en ayant une cohérence et en laissant ouvert les portes… (rires)

Dicky.fr : T’as réussi aussi à caler ton lieu commun, aussi bien joué !
C’est une question un peu bête mais souvent les groupes qui ont une belle exposition avant leur sortie d’album sont souvent attendus au coin du bois pour être mieux abattu par la critique et sur les réseaux sociaux, est-ce que c’est quelque chose auquel vous pensez ?

Pierre : Nous on est pas connu donc c’est cool (rires). On a été beaucoup soutenu par les pros mais par le public, on a toutes nos preuves à faire encore.
Manu: C’est vrai qu’on a fait beaucoup de concerts, on a eu la chance d’avoir eu un développement plus que correct mais après ça ne nous a pas mis la pression plus que ça pour l’album.
Colin : Non, non.
Manu : On est sur un petit nuage, on a eu de la chance et on veut continuer comme ça.
Pierre : On espère surtout que ça va se confirmer auprès des gens qui nous ont fait confiance sur les tremplins, les dispositifs d’accompagnement on espère simplement qu’ils vont être contents de notre disque et qu’ils vont continuer à nous suivre.
Manu : La pression sera peut-être plus de tenir la tête d’affiche d’une grande salle dans un an, là on aura beaucoup plus la pression qu’en ce moment.
Pierre : Actuellement, ce qu’on a enregistré nous correspond complètement, il n’y a pas de raisons que des gens qui connaissaient le projet détestent. On n’a pas rajouté une ensemble de cordes, on a pas invité une fanfare tzigane à jouer avec nous… d’ailleurs, on pourrait non ? (rires).
Manu : Je trouve ça plus facile de sortir un album et de le faire découvrir aux gens qu’aller se confronter sur scène à un public qui ne te connaît pas.

Dicky.fr : On retrouvera certains titres des EPs sur l’album ? 

Pierre : Il y a aura deux morceaux tirés des EP sur l’album. Un qu’on a complètement réenregistré et qui n’ a plus rien à voir et Pyramide qui sera surement sur l’album. Le tracklisting n’est pas encore fait.

Dicky.fr : Et la date de sortie, c’est quand ?

Pierre : A priori, ça serait pour le printemps 2016 mais le label et le tourneur en parlent aujourd’hui même donc on en sait pas plus.
Manu : On dit toujours qu’il faut déjà finir l’album pour conclure d’une date, je crois que c’est vrai.

Dicky.fr : Vous savez déjà quel sera le premier single ?

Pierre : On peut rien te dire, on a peur de se faire engueuler ! (rires)
Manu: La seule chose qu’on peut te dire, c’est que le single sera sur le disque (rires).
Pierre : Et ça sera un gros gros tube. Chaque groupe à son tube.

Dicky.fr : Bon, donc on en saura pas plus. Vous continuez la tournée, maintenant que l’album est enregistré, il n’y a pas un côté bridant de jouer sur scène ?

Pierre : C’est vrai qu’on aimerait bien jouer les nouveaux titres là…
Manu : C’est bridant et aussi physique parce qu’on passe notre temps à aller en studio et mixer quand on rentre à Paris et à repartir en tournée le lendemain ou quelques jours après.
Pierre : Demain on joue, après on mix, on mix, on mix, après on joue, on joue…
Colin : C’est génial mais c’est physique.
Pierre : C’est mais physique mais ça va parce qu’on ne fait pas la fête après les concerts.

Merci au MaMA Festival (Cécile Legros, Victoria Levisse, Pauline Le Talec), Radio Elvis, Patricia Teglia, Julie Bataille.

Alexandre Blomme aka Dicky, Rédacteur en chef du site. Dicky est un canard en plastique jaune, mercenaire du web en toutes circonstances.