Minuit : Interview lendemain matin de fête avec le groupe pop montant

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Depuis cet été, Dicky.fr est assez excité par le projet Minuit. Le jour de sortie de son premier EP, le rendez-vous est donné à 10 heures du matin dans le salon so chic de son label Because Music. Tout le monde répond présent et tourne au café, thé et viennoiserie, histoire de se rebooster. La veille au soir, le combo était sur la scène du Badaboum pour sa release party. Résultat, des petits yeux, quelques bâillements mais la bonne humeur est au rendez-vous et on les sent prêts à défendre cet EP. L’enregistreur est lancé.

Dicky.fr : Bon, on est bien d’accord que je ne vais pas vous demandez pourquoi Minuit, ni comment s’est créé le groupe.

(rire général) Simone (chanteuse) : Ça nous va très bien !
Tanguy (batteur) – On a raconté une fois qu’on s’est rencontré au club de poney dans une interview.
Simone : Et bien, on nous a renvoyé l’interview… (rires)
Tanguy: Le journaliste nous a demandé de raconter l’histoire vraie.
Raoul (guitariste) : Il a demandé confirmation sinon ça voulait dire pour qu’on avait menti dans notre bio (rires).

Dicky.fr : En ce lendemain de Release Party, vous avez l’œil vif et pétillant malgré une courte nuit, comment s’est déroulé ce concert au Badaboum de votre côté ?
Simone : C’était super cool. C’était complet, moi j’étais surprise. C’était hyper cool, le public était là, je crois que les gens se sont bien amusés, on a vu les gens danser.
Joseph (guitariste) : En un mot, on a kiffé !
Raoul : Que des bons retours pour une fois ! Souvent on a des amis proches qui nous parlent sincèrement et qui font des critiques constructives et là pas du tout, tout était positif.
Klem (bassiste) : J’ai eu que des bons retours moi aussi.

Dicky.fr : Samedi dernier, vous avez fait la finale du concours des Inrocks, quelle était la différence au niveau de l’énergie ?
Collectivement : Rien à voir !
Tanguy : Sosh c’est un concours. C’est plus un exercice, dans le sens où on ne jouait que sur 25 minutes, qu’il fallait faire un set concis. En plus, c’est dans le cadre d’un concours donc c’est n’est pas la même pression. Pour la release Party, on voulait vraiment faire notre show pour des gens venus spécialement nous voir donc on a été dans la générosité  tout simplement.
Raoul : Le concert d’hier, ce qui m’a le plus marqué, c’est que nous étions la tête d’affiche et c’est la première fois ! C’était un concert de Minuit, vraiment ! Il y a eu aussi la Boule Noire mais il y avait quand même pas mal d’autres groupes avant donc c’était différent, là c’était juste Minuit.
Simone : C’était pas la même approche. On a fait une tournée des festivals cet été mais hier soir, j’avais plus la pression. En festival, les gens viennent, ils aiment ou ils aiment pas mais en tout cas, ils n’ont pas perdu leur journée mais là, ils sont venus, ils attendaient quelque chose de nous donc on a donné le meilleur que l’on pouvait.
Raoul : En festival, les spectateurs des premiers rangs, ils sont à donf ! Tu ne sais pas devant combien de personnes tu joues. Là, dans une petite salle comme ça, tu vois le fond de la salle et donc tu vois le gars qui baille, que ça fait chier, les autres qui s’éclatent. C’est une approche vraiment différente.
Simone : En un mot, c’était : Cool !
Joseph : Moi j’aime bien les clubs comme le Badaboum, t’es vraiment proche des gens. Il y a un côté super intimiste et tu peux espérer pouvoir toucher chaque personne.

Dicky.fr : Vous êtes un groupe qui s’est fait connaitre par le live, vous avez une énergie très forte, comment avez-vous fait pour garder cette intensité en studio lors de l’enregistrement de l’EP ?
Raoul : L’énergie n’est pas la même justement entre le live et le studio. L’énergie est vraiment différente. Tu ne peux transmettre la même énergie entre les deux.
Simone : Il faut dire qu’on a enregistré l’EP avant de faire beaucoup de lives. On a fait quelques concerts avant d’enregistrer notre EP, on l’a fait il y a plus d’un an. On avait nos enregistrements et de là, on a fait notre live avec les changements que ça a provoqué mais l’EP était notre base et pas le contraire.
Raoul : Quand on est entré en studio, on avait déjà pas mal de morceaux, on avait donné un concert ou deux donc on savait où aller. Je ne sais pas comment décrire le style mais on savait où on allait, le truc était là.
Jospeh : On avait déjà maquetté quelques démos qui déjà donnait une orientation et un univers. Après il y a eu un gros travail en studio car le gros de l’univers a pris en cohérence en studio, ça s’est fait sur le moment. On a trouvé un son qui nous plaît, vu ce qui marchait et ce qui ne marchait pas.
Simone : C’est aussi l’aide de notre producteur qui a travaillé avec nous sur l’EP : Azedine Djelil. Il a réussi à nous canaliser et donner une cohérence à tous les délires dans lesquels on pouvait partir.

Dicky.fr : Azedine Djelil a beaucoup travaillé avec votre mère (pour Simone & Raoul), Catherine Ringer, sur ses albums solo. C’était une façon de vous rassurer ?
Simone : C’est quelqu’un que l’on connait depuis très longtemps.
Raoul : Ce n’était pas vraiment dans cette démarche là mais plutôt parce qu’on était très proche et c’était donc une évidence qu’on bosse ensemble.
Klem: Mine de rien, dès les premières démos, on a travaillé avec lui dessus et c’est lui qui nous a motivé à continuer et nous a aidé. C’est lui qui nous a mis le pied à l’étrier, donc c’était logique que l’on continue avec lui. On ne savait pas trop où on allait au début. Son apport a été vraiment bénéfique pour nous. Le fait d’avoir travaillé l’EP avec lui, ça nous a poussé à faire beaucoup de recherches en studio et on a vraiment profité de cette collaboration pour affiner notre univers musical.

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Dicky.fr : Minuit c’est un univers musical très racé mais c’est aussi un univers esthétique très pop. Simone, c’est toi qui réalise les visuels du groupe, quelles était vos envie autour de l’imagerie du groupe ?
Simone : A chaque fois, j’essaye d’être dans quelque chose d’instinctif. J’ai essayé de penser à tout ce que je voulais faire passer au travers de Minuit : des mots, d’avoir à la fois le jour, la nuit, quelque chose de mystérieux, quelque chose d’un peu hypnotisant, un peu rock…
Raoul : un peu psyché…
Simone : Un peu psyché mais disons que je ne me suis pas donné un objectif en disant que je voulais que ça ressemble absolument à ceci ou à cela. J’essaye de varier. Sur Flash par exemple, je suis parti sur quelque chose d’assez différent pour le visuel, je me suis concentrée sur la chanson donc j’ai cherché à savoir quelle était l’énergie du truc, qu’est-ce que ça me fait ressentir et comment le retranscrire en image. Je trouve que parfois c’est difficile d’être musicien, d’écrire et ensuite de mettre le visuel dessus parce que tu n’as pas tout le temps le recul. Il faut parfois du temps et en même temps, tu as la pression parce que tu as envie de mettre trop de choses dedans. C’est tellement important, tellement riche que tu veux donner ça et ça et ça… C’est un boulot particulier mais c’est cool, ça marche bien pour moi pour l’instant.
Raoul : On lui fait complètement confiance.
Simone : Je propose mais c’est un échange. Je leur montre des choses et on en discute, un peu comme avec des clients. Ils sont pas trop chiants comme clients. (sourire)
Raoul : Des fois, on lui dit : « T’es virée, t’es nulle ! » (rires)

Dicky.fr : Pour vous, quel est le titre le plus représentatif de l’esthétique musicale de Minuit ?
Joseph : Je crois qu’on ne sera pas tous d’accord.
Simone : Je pense que c’est l’ensemble des cinq titres qui fait la cohérence.
Klem : On est tous d’accord pour dire qu’il n’y a pas une chanson qui symbolise l’esthétique Minuit.
Simone : Sinon ça fait toujours sorti de son contexte.
Klem : Chaque morceau est vraiment différent dans ses ambiances et dans tout ce qui en ressort. Les tempos sont différents, les ambiances, les influences sont différentes donc au final, je n’ai pas l’impression qu’il y en a un qui peut définir l’esthétique générale.
Raoul : Et toi, qu’est-ce que tu en as pensé ? Y a un titre qui résume pour toi l’esthétique de Minuit ?

Dicky.fr : Caféine, il signe une ambiance, un lendemain de gueule de bois comme pour vous, ce matin. Vous êtes forts et raccord dans l’esthétique jusqu’au bout !
Joseph : On va être très dans la caféine aujourd’hui (rires).

Dicky.fr : L’EP sort, vous avez une belle tournée qui arrive, quel est votre avenir proche ?
Jospeh : On va beaucoup jouer et une fois qu’on aura beaucoup tourné jusqu’en décembre, on va essayer d’attaquer l’album par la suite.
Tanguy : On a beaucoup travaillé dernièrement sur la tournée et on continue à faire des dates. On a eu un mois de juillet plus que chargé, en août, on a travaillé en résidence, on a travaillé à l’écriture de morceau. Là, on va essayer de rentabiliser le temps à mort pour continuer à tourner, tout en continuant de composer et de faire évoluer le set. On a passé l’été avec une formule de 30-35 minutes et pour cet automne, on doit avoir un set de 50 minutes.
Simone : Plutôt une heure.
Tanguy : On a pas mal de pain sur la planche parce que les nouveaux morceaux doivent être dans la même ambiance, aussi bien travaillés. Les autres ont déjà été produits, déjà enregistrés donc on était parti sur une base alors que là, on propose des nouveaux morceaux pour lesquels il faut qu’on reste dans la même ambiance sans être passé par la case studio. Ca fait pas mal de boulot.
Joseph: Et c’est ça le programme…

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Dicky.fr : Quels vont être les thèmes des nouvelles chansons ?
Simone : J’arrive pas à savoir parce que je n’arrive pas à définir quelle était la mouvance des premiers titres. La . meuf est floue (rires) A chaque fois c’est de l’intuition, c’est selon l’émotion de la journée, ce qui va m’arriver, les rencontres, ce qui me touche donc là pour l’instant je ne peux pas encore dire.
Merci à Minuit, Because Music et Lionel Carlos.

Alexandre Blomme aka Dicky, Rédacteur en chef du site. Dicky est un canard en plastique jaune, mercenaire du web en toutes circonstances.