Un jour j’irai au… Japon avec Mélissa Laveaux

La chanteuse canadienne, d’origine haïtienne, Mélissa Laveaux nous propose aujourd’hui sa vision d’un Japon qu’elle connait pour y avoir étudié, joué plusieurs fois en tant qu’artiste et venu en aide suite au tremblement de terre du 11 mars 2011. Un témoignage empli d’humour, de bons moments, de sensibilité et d’une envie palpitante de partager un pays aimé

Après déjà une belle tournée dans toute l’Europe et en Amérique du Nord, elle continue à défendre son excellent second album Dying is a Wild Night distribué par No Format.
Elle sera le 13 juillet prochain aux Francofolies de la Rochelle en compagnie de Maya Kamaty et Nathalie Nattiembé.  La billetterie est ouverte pour cet évènement au prix de 15€.


Le Japon de Mélissa Laveaux

Shrine

Son endroit préféré au Japon :

Meiji Shrine à Tokyo.

Je m’y suis perdu avec mon tourneur à l’époque, François, qui m’accompagnait sur ma petite tournée nippone. Un grand espace boisé avec des ruisseaux. En plein centre, les gens y laisse des prières. Toujours pour la santé, la sagesse et le succès (comme mon Papa, à chaque anniversaire, sans faute…). On a marché bien 5 heures, à travers, autour du parc. On est ressorti dans un quartier résidentiel. Mais c’était cool de voir un quartier presque vide et des maisons de famille en plein Tokyo qu’on n’aurait jamais découverts si on n’était pas sortis du centre-ville.
Et puis, j’aime beaucoup récolter et sécher des feuilles de pays que je visite lors de mes voyages les plus lointains. Sur le premier voyage j’ai trouvé une feuille d’un arbre méconnu ENORME. La taille de ma tête – et j’ai une très grosse tête.
Lors du second voyage j’avais un peu le mal du pays lorsqu’une feuille d’érable japonaise m’est tombée sur la tête… je l’ai gardée…

Ses incontournables à Tokyo :
– Harajuku pour le shopping
– Presque n’importe quel teppanyaki délicieux
– Shabu Shabu! La fondue japonaise
– Le Karaoke – juste parce que tu peux vraiment te lâcher et les gens ne se moquent pas!

Sa musique pour être en symbiose avec le pays  :
J’essaie de ne pas écouter quelque chose de trop bruyant quand je suis en voyage, pour profiter un peu de la couleur local au niveau auditif. J’aime écouter les gens parler, le bruit du marché.
Mais j’écoutais beaucoup The Tiny (le premier album « Closer« ) lors de mon premier passage

et Lullaby for a Liquid Pig de Lisa Germano.

Sa chanson de soutien pour le Japon :
Deux ans après mon dernier passage à Tokyo, il y a eu le tremblement de terre de Fukushima.
Mon distributeur m’avait demandé si je pouvais envoyé quelque message de soutien vu que je suis originaire d’Haiti, qui a aussi connu un séisme (en plus d’autres catastrophes naturelles et présidentielles…)

J’avais donc offert une chanson à écouter pour un mois sur leur site web avec la traduction en Japonais

No Ghost

up on your feet
like a warrior
you start your day
bravery displayed
it ain’t easy
to carry on
day out day in
there in your skin
well you’re no ghost
you’re not fading at your post
you’re still here
i can hear your spirit loud and clear
i can hear your spirit loud and clear
up on your feet
like a warrior
you lend your care       
let down your hair           
it ain’t easy
when the ground under feet        
gives in
and it’s sink or swim
well you’re no ghost
you’re not fading at your post
you’re still here
i can hear your spirit loud and clear
i can hear your spirit loud and clear

Son meilleur souvenir en tant qu’artiste au Japon ?
J’y ai rencontré mon plus grand fan. En plus, c’était pas du tout flippant. Parfois, je sens vraiment un truc malsain chez certains ‘grands fans extrêmes‘, et ça me rend mal à l’aise. Là pas du tout! Il était charmant. Il connaissait bien mon travail et il posait plein de supers questions pertinentes qu’on ne pose pas trop en interview. J’étais assez flattée et surprise.

Par la suite, il était tellement heureux que j’autographie son disque, qu’il y a dédié une vidéo.
12,000 vues! J’ai des clips qui n’ont pas vu une aussi grande audience!


Son mot japonais préféré
?
 Après « internetu » parce que j’adore entendre la nipponisation des mots… « shiawasena » pour dire « heureux ». C’est un mot que je recherche dans presque toutes les langues parce que quand tu exprimes que t’es heureux dans un pays où t’es complètement déboussolée, ça calme les gens et ça te permet d’avoir un meilleur contact.
Son bon plan  ?
Il faut aller sur les quais au port pour le sushi parce qu’il est super frais. Bon… peut être pas en 2014… mais à l’époque… ça fondait dans la bouche… Etant de culture partiellement insulaire (Haiti via Montréal), j’adore le poisson et les fruits de mer. Je me suis vraiment lâchée sur ce voyage…

Son anecdote personnelle
?
J’ai prêté mes chaussures à Rose de Moriarty – qui chausse la même pointure que moi. J’étais toute fière. Lors d’une tournée au retour de Tokyo même pas un mois plus tard, j’ai perdu une des chaussures de la paire. Je n’ai pas osé gardé l’autre… Les seuls talons hauts avec lesquels je ne tombais pas… Les seuls talons hauts avec une histoire… Des John Fluevog… J’étais bien verte.

Sinon l’autre c’est mon meilleur ami Tony – un ingénieur informaticien d’Ottawa. Lorsqu’il a appris que je partais au Japon quelques jours pendant ma dernière année de scolarité universitaire, il a pris son billet – j’avais même pas encore raccroché le téléphone… Lui, est resté une semaine, en essayant en vain de se trouver une épouse japonaise… Il a même essayé de séduire Yoko, une des intervenantes qui s’est occupée de moi à l’institut français. Il a utilisé son bouquin de phrases types en japonais et elle a feint de ne pas comprendre. Il s’est pris moultes expériences comme celles-là par la suite…

 

Merci à Mélissa Laveaux et à Thibaut Mullings de No Format pour cette interview par mail. Pour plus d’infos :

Alexandre Blomme aka Dicky, Rédacteur en chef du site. Dicky est un canard en plastique jaune, mercenaire du web en toutes circonstances.