Broken Back : Interview en route vers le 1°album

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Broken Back  facebook twitter  est une des découvertes électro-pop françaises les plus rafraîchissantes et enthousiasmantes de cette fin d’année. C’est à l’occasion du MaMA Festival que l’on a profité de sa venue pour une petite interview histoire de mieux comprendre son univers contrasté et un premier album quasiment prêt et assez attendu.

Dicky : Ce soir, c’est toi qui ouvre le bal au MaMA, c’est toujours un exercice difficile. Tu as commencé en indépendant en postant tes vidéos sur Youtube maintenant tu es signé chez Columbia Sony, ça a changé beaucoup de choses pour toi ?

Broken Back : Ouvrir le bal ce soir, c’est un très beau bal ! Je voulais avancer au maximum en indé pour donner les fondements du projet. Je voulais être à l’aise avec les premières pierres posées pour le projet. J’ai monté ma propre structure Broken Back Inc., j’ai signé chez un éditeur Warner Chapel qui m’a énormément accompagné, conseillé des collaborateurs comme des personnes pour le mix des morceaux, quelqu’un de brillant pour la photo. Tous ses aspects là l’éditeur m’a accompagné après le côté musical, graphisme, c’est du fait main chez moi et je vais continuer à évoluer comme ça à la seule différence que l’album en est licence sur une major.  C’est un objectif que je visais à terme mais pas tout de suite mais tant mieux.

Dicky : Il y a une esthétique prédominante au coeur de Broken Back aussi bien musicalement que visuel, quelle est cette esthétique ?

Broken Back : Au début je n’avais pas la musique. Je faisais de la musique comme un exutoire pour accélérer la convalescence. Quand on joue de la musique, ça passe beaucoup plus vite et c’est plus agréable. Les premières compos sont venues de là. Une fois toutes réunies pour l’EP, j’ai réfléchis au sens de cet EP, sa raison et c’est à ce moment-là que j’ai trouvé le nom : Dear Misfortune, Mother of Joy. Je me suis rendu compte que c’est dans ce « malheur » que j’ai réussi à trouver un bonheur collatéral avec la musique. C’est aussi une citation de Léonard Cohen et c’est en la lisant que j’ai eu cette idée là.

Pour le visuel, au moment où je me suis posé pour trouver cet artwork, j’ai eu beaucoup de mal. J’ai eu le déclic quand je me suis posé la question : et si je devais représenter visuellement ma musique, qu’est-ce que ça donnerait ? Je me suis rendu compte que c’était ça, c’était concrétiser l’image que j’avais dans mon cerveau. J’imagine ma chanson prendre vie quand je l’écoute et je vois cette chimère qui bouge et qui peut représenter les paradoxes qu’il y a dans ma musique. Ma musique  est parfois joyeuse sur des thèmes qui peuvent être tristes et laisse place à d’autres contrastes comme des chœurs très planants sur une musique très percussive. Certaines  personnes me disent l’avoir écouté en faisant du footing, d’autres au bord de la piscine donc je ne comprends pas (rires). Est-ce que c’est posé ou est-ce que ça ne l’est pas ? Il y a des contrastes comme ça et visuellement c’est ce que représente cet artwork, une forme qui peut bouger. Des formes pointues avec des couleurs chaudes, une forme ronde avec des couleurs froides, etc… ça me permet visuellement de pouvoir m’amuser à représenter ce que signifie ma musique.

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Dicky : Dans ta musique il y a une sorte de signature, c’est celle d’utiliser un thème joyeux pour mieux faire passer des paroles tristes et vice-versa, c’est cette dichotomie qui fait, en partie, l’univers de Broken Back ?

Broken Back : Je ne dirais pas que j’ai une signature particulière mais c’est quelque chose que j’adore tissé au sein de ma musique. A aucun moment je n’ai voulu qu’un titre représente l’EP. C’est quatre morceaux qui viennent former un tout et représenteront l’ambiance que j’ai voulu développer au global. Comme dans un concert, tout ne doit pas être uniforme, ce qui est intéressant c’est d’avoir du contraste, du relief, de ralentir dans les tempos, dans les émotions et de passer de quelque chose de très joyeux à quelque chose de plus triste de façon très abrupte ou pas… tout ça, ce sont des choix qui se décident au moment où on a toutes les chansons,  on choisit l’ordre, on réfléchit à la cohérence globale de l’EP donc c’est difficile de donner une chanson qui symbolise l’EP. Je ne peux pas faire ça.

Dicky : Et où en est ce premier album ?

Broken Back : L’album est très bien avancé. L’album n’est pas terminé mais j’aimerais pouvoir le sortie en février mars prochain pour pouvoir partir en tournée derrière. Le fil rouge ce sont les histoires ! Quand je compose, la plupart du temps, j’ai la musique d’abord, c’est ce qui me vient en premier et ensuite quand j’ai cette coquille vide, c’est un carcan qui peut mener à bouger et évoluer évidement, mais avec cette coquille je cherche l’histoire que je veux y injecter. Parfois c’est immédiat sinon ça peut mettre des mois mais le dénominateur commun va être la volonté de raconter une histoire. Dans l’album, on trouvera une histoire qui est sur deux chansons, je l’ai coupé en deux même si ça ne se verra pas de façon forcément évidente mais il y a aura une histoire en deux parties.

Dicky : Est-ce qu’il y a un fil rouge, une continuité logique entre les titres ?

Broken Back : C’est une question que je me pose. Pour le moment, ça va fonctionner parce que le contraste que je tisse reste le même mais je me pose la question, pourquoi pas ne pas aller explorer d’autres pistes. La décision n’est pas encore prise, c’est en réflexion.

Dicky : Le clip de The Happiest Man On Earth a de nombreuses références pop culture, est-ce que c’est quelque chose qui t’inspire ?

Broken Back : Ca fonctionne avec des petits clins d’œil à la pop culture comme la Doloréan. Il y a aussi les sept pêchés capitaux avec le narcissime, l’avarice. Dans ce clip, il répond à la question : Qui est l’homme le plus heureux du monde ? J’ai voulu en donner une interprétation métaphorique et visuel. La longue ligne droite, la route, étant la vie, le tricycle les valeurs fondamentales d’une personne comme son éducation, et pour moi l’homme le plus heureux du monde c’est celui qui va réussir à traverser sa vie tout en croisant les pêchés capitaux, en y vivant des expériences tout en restant fidèle à ses valeurs, aux gens qu’il aime. C’est ça le ciment de la vie pour moi, ce qu’on a de plus solide et l’une des mille interprétations de la réponse à qui est l’homme le plus heureux du monde. Rafaël Levy & David Tessier, les deux réalisateurs du clip qui m’ont aidé à co-écrire cette histoire.

Dicky : Si la vie est symbolisée par une course, cela veut dire que l’arrivée c’est la mort. C’est un thème qui existe déjà dans ta musique, est-ce qu’elle va revenir dans les titres de l’album ?

Broken Back : Exactement, la ligne d’arrivée, c’est la fin de la vie. La mort est un thème qui est présent effectivement et qui va revenir dans une des chansons de l’album. Petit teasing ! (rire) Le personnage principal va descendre aux enfers donc on va retrouver le thème du diable, de la mort  dans au moins deux chansons.

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Dicky : Dans ta façon de composer on retrouve ta culture pop folk classique mais par contre tu as le sens du break comme dans l’électro, c’est ce mélange que tu as étudié comme approche musicale ?

Broken Back : C’est l’approche que j’avais envie d’avoir. Ca s’est fait naturellement. Sur le projet, je composais et j’écrivais les chansons et ensuite au moment de les produire, c’est vers la production électro que je me suis tourné. Je ne sais pas pourquoi. C’était ce son là que j’avais envie de mettre en lumière sur mes chansons qui, à la base, était écrite avec une guitare avec des mots griffonés au crayon de papier. C’est un mélange entre ces deux mondes : l’électro pour la prod et la folk pour l’écriture et la composition. Ca a nous nourri les morceaux mais le fait de pouvoir les jouer en guitare voix, ça permet de découvrir la puissance ou pas d’un morceau. Les titres co-créer entre chanson et prod, pour ma part, sont moins forts après le résultat final ça dépend des goûts.

J’avais envie et la curiosité de produire donc j’ai appris sur internet avec des tutos. Au final, en échangeant avec d’autres artistes, ça s’est fait naturellement avec plus d’artistes électro donc ma manière de produire a été très électro mais j’essaye de m’en détacher pour explorer autre chose. C’est un métier à part entière, je ne dois maitriser que 3% du métier. 2% d’électro et le reste est à la recherche de quelque chose de plus acoustique.

Dicky : Tu joues ce soir, à quoi ressemble un concert de Broken Back ?

Broken Back : Sur scène, c’est un duo : guitare-voix et batterie acoustique-pads. Le batteur est monstrueux, il peut jouer de la basse avec les quatre pads tout en jouant de la batterie, c’est un homme orchestre. Un show assez épuré, assez simple, intimiste pour se concentrer sur la connexion avec le public. Il n’y a pas une volonté d’un truc énorme en production, de light, de décor, c’est un concert plus intime. Le fait que les parties percussives soient jouer par un batteur aide beaucoup à se mettre dans la musique, c’est pas une boite de nuit, c’est un mix live. J’entends fort la batterie, la caisse claire sans me faire écraser par la partie électro, c’est une bonne configuration et j’apprécie beaucoup car je n’ai pas l’impression d’être mangé par les parties électro. On joue déjà pas mal en France, on joue à l’étranger comme en Grèce, en Suisse, en Angleterre… on a une formule où on joue un peu plus d’une heure donc c’est cool. Avec l’album, j’ai hâte car j’aurais un set encore plus cohérent pour le public en live.

Merci à Broken Back, Matthieu Chimot, Cécile Legros, Victoria Levisse et Pauline LeTalec.

Alexandre Blomme aka Dicky, Rédacteur en chef du site. Dicky est un canard en plastique jaune, mercenaire du web en toutes circonstances.